06.07.2005
Playing the angel "song by song"...
Lundi 4 juillet, à Londres, après l'échange rapide d'une poignée de mainavec Daniel Miller, j'entre dans ce qui paraît être, de prime abord, unetypique maison anglaise. Il n'en est rien. L'établissement est un clubprivé, l'un de ceux dont on ne sait que ce que les pages people veulent biennous montrer (zip-zap, l'anecdote sur Boris Becker et les évocations deconclusions de contrats entre riches banquiers, industriels etc...)Pour l'occasion, l'étage inférieur de ce lieu aux notes mi-britishmi-antique est mis à la disposition du groupe le plus important qui soit -non, pas Kiss, j'entends : Depeche Mode.Miller perçoit la tension, l'euphorie des personnes présentes. Il ne veuts'adresser qu'aux fans. Ce n'est pas le lieu et le propos de longs discoursdestinés aux journalistes et autres représentants de maison de disques.L'album, dont la sortie est prévue pour le 17 octobre, s'intitulera "PlayingThe Angel" et offre d'ores et déjà, en exclusivité mondiale, 7 morceaux ànos oreilles (morceaux, malheureusement pas totalement finalisés). Un étatde faits qui n'a pas l'air d'être au goût de Miller (en vieuxperfectionniste qu'il est).Mais quoiqu'il en soit, la machine-Depeche Mode est en branle, le calendrierde la tournée fixé pour janvier, la sortie de l'album entendue ; et toutceci plus de quatre ans après "Exciter".Une fois l'écoute tonitruante des pistes passée (tonitruante, au sens proprecomme au sens figuré : décibels ultra puissantes à en perdre l'ouïe etcontenu de l'oeuvre étonnant), il est en effet entendu que rien ne peutarrêter la Machine-DM : "Playing The Angel" est un album sombre, puissammentrock dont les textes puisent dans les plus profonds abysses de l'existencehumaine et les sons jouissent des influences et sonorités industrielles etavant-gardistes électroniques. Tout cela avec la singularité qui caractériseDM depuis vingt-cing ans.1.Precious :Ce sera le premier single. A juste titre d'ailleurs. Le morceau accroche dèsla première écoute. Un morceau très homogène, d'un seul bloc avec quelquesbrèves variations qui s'impriment dans l'esprit (note de la traduction : c'est comme ça que je le comprends) et qui sont très caractéristiques dedepeche. C'est le cas par exemple du passage mélodique le plus court qu'ilsaient jamais accompli : quelques notes de synthé pourtant très fugaces maisqui sont très accrocheuses et pleines de signification. Ce morceau me faitpersonnellement penser à leur période Black C mais des réminiscences deViolator remontent à la surface (la phrase sur le pathos, je la saisis pasbien. Je crois qu'il veut dire que le pathos arrive progressivement dansl'album et que dans cette chanson, on se contente de poser les bases : « IfGod as a. ») Alors que le morceau est rediffusé à la fin de la session, lesparticipants sont sur le point de danser. L'épreuve du feu (des balles ?)est passée. Le mot « classique » est prononcé à ma droite et à ma gauche.2. The sinner in meLe morceau est trés sombre et industriel et pourrait être l'oeuvre de NIN,jusqu'au chant en tout cas. Ce morceau fait trembler les collègues italiens.La chanson traite une nouvelle fois de peine et de douleur : "... stillrecover, still go over all the suffering..." (aucune garantie pour lescitations). Le morceau s'achève sur une ambiance religieuse (ou macabre oupénitente ??, je sais pas trop, il parle de bruits digitaux et et degénuflexion).3. "Suffer Well"Il y est encore question de souffrance. Le morceau prend fin sur unesurprenante note Hip-Hop. Ambitieux, épatant, plein de sens.4. "Macrovision""...Overflowing senses... I hear my blood flow."Le morceau débute avec la voix seule, les sons prenant de l'ampleur et de lapuissance petit à petit.Le morceau est assez difficile à appréhender à la première écoute. On enretient au départ un je ne sais quoi de prétentieux ; un sentiment qui trèsvite est balayé par la vague mélancolique du morceau.5. "John The Revelator"Un morceau efficace dès les premières secondes. La prédominance des sonssynthétiques des années 80 rappelle un peu le "Space Invaders Are SmockingGrass" de I-F (?) et devient le leitmotiv idéal de ce morceau auxappartenances rock et électroniques.D'après moi, un single potentiel.6. "I Want It All"Le second morceau de Gahan et, selon moi, le plus captivant. Il s'agit d'uneballade, portée essentiellement par le chant et la voix. Les sons prennentpeu à peu le dessus à la fin de la piste, comme le fait le colosse dans leclip de Björk "The Army Of Me".7. "A Pain That I'm Used To"Le morceau commence par une ligne de chant assez troublante/déroutante quiferait davantage penser à un chant de la pop-house italienne plutôt qu'à DM.Plus tard, les paroles sombres prennent le pas sur la mélodie, pour montertoujours plus en puissance.Jusqu'à présent, certainement le morceau de l'album avec la plus efficace"dramaturgie".Encore un single potentiel, d'après moi.Impressions : cet album est comme un joyeux coup de poing dans la face, pourainsi dire l'album *Fight Club* de DM.Sources: www.intro.deAuteur: Thomas Venker
14:33 Écrit par Flood | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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